Si la Journée Internationale des Femmes a été officialisée par les Nations Unies en 1977, qui invitait chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes, cela fait en réalité 100 ans qu’elle existe, puisque nous la devons à Clara Zetkin, une journaliste et enseignante allemande, révolutionnaire marxiste qui en 1910 en fit la proposition.
Le 8 mars est l’occasion pour de nombreuses femmes françaises de voir leur engagement mis à l’honneur, qu’il soit associatif, humanitaire, ou politique… Mais cette journée ne doit pas oublier le sort des femmes ordinaires, celles qui sont touchées de plein fouet par la crise économique, celles dont les droits sont bafoués quotidiennement.
Faut-il le rappeler, les inégalités professionnelles hommes-femmes persistent et ce malgré les différentes lois et directives qui ont été publiées depuis presque 25 ans. Brigitte Gresy, inspectrice générale des affaires sociales, rappelait d’ailleurs dans son dernier rapport (1) un certain nombre de situations vécues par les femmes, situations finalement presque banales : des emplois non qualifiés en hausse, un chômage plus accentué chez les femmes, du temps partiel subit, un salaire au Smic plus fréquent, un accès à la formation continue difficile, des salaires inégaux à travail égal, des retraites plus faibles, une absence remarquable dans les instances dirigeantes des entreprises cotées en bourse… La liste est bien longue.
Aujourd’hui, une étude de l’Institut National de Veille Sanitaire publiée dans le BEH (2) va plus loin et montre que les femmes, parce qu’elles sont justement plus souvent confrontées aux emplois atypiques (cdd, temps partiels …), sont les premières à être plus touchées par les troubles dépressifs. Ce constat sonne comme une double peine.
Alors que pouvons-nous dire ou faire ? Notre parti prône l’Europe et justement celle-ci est dans une démarche proactive sur ce sujet. A travers une feuille de route officielle pour l’égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi grâce à un pacte européen adopté par le Conseil européen en mars 2006, et la création d’un institut européen, elle vise à faire bouger les lignes. C’est cette attitude qu’il faut choisir. Notre projet régional défend l’emploi, le poumon de la vie, alors osons l’orange pour défendre le cœur de l’homme, et plus particulière celui des femmes.
Bénédicte Belleri
candidate MoDem à Paris
(1) Rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
(2) Bulletin épidémiologique hebdomadaire.












